Chauffe, Marcel !

Des orages étaient annoncés pour ce samedi, mais c’est sous un ciel bienveillant et avec des températures estivales que s’est déroulée la kermesse de fin d’année à l’école Marcel Pagnol où étaient scolarisées pour la dernière année ensemble mes deux filles (Esther restera à Marcel Pagnol l’année prochaine, mais Victoria fait son entrée – tadaaaa – au collège !).

De crainte d’un arrosage céleste, le dispositif « habituel » (on prend très vite des habitudes !) était inversé : la scène était sous le chapiteau protecteur tandis que le fumeux stand saucisse-merguez était relégué au coin opposé de la cour. Eh bien c’était très pratique ainsi et pluie ou pas pluie, je pense qu’il mériterait d’être reconduit les années suivantes. Les enfants étaient tous réunis, par classe, autour de cette scène dans un « périmètre de sécurité » et les enchaînements d’un spectacle à l’autre étaient fluides. Les différents numéros étaient variés, originaux et ce spectacle m’a semblé plus rythmé que les années précédentes. Un grand bravo aux organisateurs et aux participants pour leurs efforts ! En lire plus »

Européennes : des Verts et désamours

La particularité de l’élection européenne est la multiplicité des niveaux auxquels elle peut être lue. Au niveau européen, tout d’abord, puisque l’assemblée qui vient d’être élue dépasse très largement notre frontière française. Et puis au niveau national, au niveau « régional » (puisque le scrutin français est découpé en 8 grandes circonscriptions), au niveau départemental et enfin au niveau municipal. Certains experts iront jusqu’à analyser le résultat bureau par bureau - et après tout, pourquoi pas, même européenne, une élection est aussi un travail de terrain pour les forces politiques qui s’affrontent (j’en profite pour signaler que Cannabis sans frontières n’a pas daigné m’apporter ni tract ni échantillon gratuit dans ma boîte aux lettres, quelle campagne pathétique !).

Ben pas de chance cette fois-ci parce que quel que soit le niveau observé, les résultats ne sont pas très réjouissants pour le militant socialiste que je suis (mince, je crois que j’ai lâché un scoop !).

La nouvelle assemblée européenne

Commençons par le plus important. Au niveau européen, c’est globalement une progression des forces de droite. Certes, cette situation est, peu ou prou, la résultante de situations nationales disparates mais la macro-analyse (je ne suis pas assez spécialiste pour vous présenter quelque chose de plus étayé) montre que, généralement, la droite au pouvoir n’est pas sanctionnée, au contraire (Pologne, Allemagne, Italie, …) alors que la gauche au pouvoir l’est plus ou moins virulemment (Angleterre, Espagne…). Il y a des exceptions, comme en Suède ou en Grèce mais au finale, les principales coalitions de droite européennes (Parti Populaire Européen et Démocrates Européens) auront une confortable avance sur les coalitions de gauche/centre gauche. Il est vrai que le mode de fonctionnement très spécifique des institutions européennes fait que cette simple grille de lecture gauche vs. droite n’est pas suffisante pour analyser chaque vote (gauche et droite pouvant défendre ensemble des intérêts nationaux, etc.), il n’empêche qu’entre une Europe plus sociale et une Europe plus économiquement libérale, le choix a été fait. En lire plus »

Hadopi…teuse

J’aurais voulu vous dire ce que je pensais du projet de loi Hadopi (du mal, essentiellement !), de l’épisode gaguesque de son premier rejet au parlement grâce au petit coup de force du PS, qui n’aura fait que repousser un peu l’adoption de la loi (qui repasse aujourd’hui devant le parlement). On se souvient que la droite avait joué le même coup pendable à « la gauche plurielle » (– Souvenez-vous ! avec la voix de Michel Drucker) à l’occasion du PACS, finalement adopté (on notera au passage le contraste saisissant entre les projets sociétaux défendus par la gauche et la droite).

J’aurais voulu vous balancer une palanquée de liens permettant d’éclairer (si besoin était) votre jugement, sur tous les travers de cette loi :

  • qui, paradoxalement, accroît le sentiment d’impunité du téléchargeur illégal puisqu’il le met à l’abri (contrairement à la situation actuelle) de toute sanction tant qu’il n’a pas reçu le fameux courriel d’avertisssement ;
  • qui laisse craindre toutes les dérives liberticides par ce qu’elle implique en terme de surveillance du réseau ;
  • qui est en contradiction avec les directives européennes (« oui mais on veut la faire passer quand même, na ! ») et qui révèle, comme le dit Jules, l’impréparation de ceux qui la promeuvent ;
  • qui ne prévoit rien pour la rémunération des ayants droits (ce qui est quand même assez délirant, puisque c’est le cœur du problème !) au point qu’une pétition circule, lancée par certaines pointures du cinéma ;
  • bref, qui ne fera plaisir qu’au lobby des majors.

J’aurais voulu aussi vous dire pourquoi la license globale me paraissait la solution la plus pragmatique (même si on trouvera toujours des gens pour râler, il est clair qu’aucune solution n’est parfaite) à la fois en terme de libertés individuelles, d’adaptation aux usages constatés et à la conception d’Internet comme un espace a priori de liberté (ce qui n’interdit pas la règlementation) et non de flicage, et de rémunération des ayants droits (en prenant soin de n’oublier personne : musique, cinéma, jeux vidéos, …).

Mais je n’ai pas le temps.

Allez, encore un petit lien pour rire : chez Maître Éolas, à propos de quelques âneries lâchées par Besson (Luc, pas Éric).

Jusqu’où va se nicher la défense du service public

Même quand c’est la grève, le matin, je n’écoute que France Inter.

Faut dire que leur programmation musicale, même en ces circonstances, reste de grande tenue.

His name is Lucas

Sans surprise, c’est Bernard Lucas qui a été élu hier soir conseiller général du canton Nord-Ouest de Colombes avec 59,74 % des suffrages exprimés.

Poussée très très timide de la participation qui progresse d’environ 1 point (environ 110 voix). Augmentation du vote blanc/nul (+ 30 votes) peu surprenant pour un second tour.

Que penser de ce résultat ? Si Bernard Lucas remporte sans souci cette élection partielle, on peut toutefois être un peu déçu de son score pas tout à fait au niveau de ce que laisser espérer le premier tour. La mobilisation au second tour aura plutôt profité à Lionnel Rainfray qui fait ses meilleurs scores là où la participation est (toutes proportions gardées) plus forte ; le report de voix à gauche, quant à lui, n’aura pas été excellent.

Toujours à l’affut d’un jeu de mot foireux, j’aurais voulu titrer ce billet « Lucas : carton ! » mais ça sera pour une autre fois !

Le rapport de force gauche/droite affiché sur le canton (60/40) se rapproche de celui observé en 1998 et n’offre pas à la droite beaucoup de raisons d’espérer un rapide retournement de situation. Reste à Bernard Lucas et à sa suppléante Nora Djebbari le soin de travailler pendant deux ans sur les dossiers du canton, à montrer que leur action est pertinente en dépit d’une majorité UMP au Conseil Général pour « confirmer » en 2011 dans le cadre d’une élection générale pour laquelle le taux de participation, espérons-le, permettra des analyses moins aléatoires.

Moment civique, moment politique

Les jours d’élection ont toujours été, pour moi, des moments à part, intenses, importants. Probablement, certainement même, l’engagement de mes parents y est pour quelque chose. Je ne sais plus à quel âge j’ai commencé à accompagner ma mère ou mon père au bureau de vote, observant le protocole, la remise de l’enveloppe, les bulletins de vote, le passage dans l’isoloir et le résonnant « A voté ! » qui ponctue le cérémonial, tout cela m’excitait et j’attendais avec impatience le moment où, à mon tour, j’allais pouvoir passer dans l’isoloir pour accomplir mon « devoir civique ». Je n’ai jamais raté une élection, votant quand je le pouvais, établissant une procuration dans le cas contraire.

Ma défiance vis-à-vis du vote électronique, je la dois certes à ma qualité d’ingénieur informaticien, qui sait combien il est facile de détourner un programme (même si le logiciel des machines à voter est protégé par de nombreux dispositifs, même si le vote papier ne prémunit pas non plus de la fraude), mais je la dois aussi à mon attachement presque fétichiste à ces enveloppes remplies de bulletins. Mon premier vote s’est suivi, quelques heures plus tard, de mon premier dépouillement occupé, comme scrutateur, à ouvrir les enveloppes, déplier des bulletins, énoncer le nom du candidat ou de la liste, dessiner les petits bâtons correspondants, les décompter, les recompter, les totaliser, les pourcentiser, tandis qu’autour de nous bruissaient les estimations glanées à la radio ou à la télévision (je suis un vieux croûton : du temps de mes premiers suffrages, le téléphone portable n’existait pas encore. Désormais, on connaît parfois les résultats avant même d’avoir ouvert la première enveloppe). Après quoi, tout le monde fonçait à la mairie pour connaître les résultats de la ville entière. En lire plus »

Speed shoes (1)

Hum.

J’imagine quelques déceptions à la lecture de cette note. Eh non ! je ne vous livrerai point une fine analyse des Cantonales 2009 qui se profilent sur Colombes. Probablement pour le plus grand plaisir d’un dénommé deloume qui s’exprimait avec nuance dans ces colonnes.

Je sais que je vais également réjouir les nombreux admirateurs de ma fille Victoria qui fait donc ici une nouvelle apparition dans le cadre d’une production artistique et néanmoins expérimentale réalisée avec quelques amis.

Je vous présente en exclusivité bloguesque : Speed Shoes.

Mordre 2009 à pleines dents !

Dans un billet récent de son Standblog, Tristan Nitot, grand zélateur français de la fondation Mozilla qui promeut l’excellent navigateur « libre » Firefox s’interrogeait sur les résolutions de chacun pour essayer, cette année, de consommer moins (ou mieux) ainsi que sur les objets en notre possession depuis de nombreuses années.

J’ai 41 ans et je n’ai jamais acheté dans ma vie qu’une seule voiture (en 1999) : tant que j’ai pu vivre sans, j’ai vécu sans. J’exagère ! Je pourrais toujours vivre sans, mais il faut reconnaître que lorsque l’on a des enfants et que l’on vit en banlieue, la voiture rend de nombreux services. Pendant longtemps, j’allais à l’hypermarché le plus proche en transport en commun et je rentrais chargé comme un baudet avec de quoi tenir la semaine. Mais quand arrive le premier enfant et qu’aux courses du foyer s’additionnent les bouteilles d’eau (recyclables) des biberons et les couches-culottes (jetables), ça commence à tenir de la gageure.

Aujourd’hui encore, j’ai la chance de bosser pas loin de mon lieu de résidence ; je vais au bureau en vélo aussi souvent que possible (comme je le disais déjà dans un précédent billet consacré à l’écologie – je radote !). J’essaye de recycler autant que possible, l’écologie fait partie de mes préoccupations quotidiennes mais je n’en fais pas une priorité qui efface toutes les autres. Il m’arrive de consommer par plaisir. Informaticien, j’aime bien avoir des gadgets électroniques mais pour autant, je ne cherche pas à avoir toujours le dernier cri. Certes, un agenda électronique n’est pas indispensable, et un seul d’entre eux coûte bien plus cher que tous les agendas papiers qu’il permet de remplacer. J’en suis à mon 4ème, mais je n’en achète un nouveau que quand l’ancien est en panne (oui, c’est pas forcément très solide, ces trucs-là, et comme beaucoup de choses qu’on achète à notre époque, ça coûte moins cher à remplacer qu’à réparer).

  • J’ai donc le même PDA depuis 4 ans
  • J’ai la même voiture depuis 9 ans
  • J’ai la même femme depuis 15 ans (je suis vachement développement durable, dans ce domaine)
  • J’ai la même combinaison de ski depuis 20 ans
  • mais l’objet manufacturé que j’ai depuis le plus longtemps, si je passe sur certains bouquins transmis de génération en génération (ainsi que certains doudous), c’est ce magnifique peigne probablement de la marque Country (Monoprix) que j’ai depuis mes 14 ans, âgé donc de 27 ans.
Un beau peigne en forme de lame de rasoir

Un beau peigne en forme de lame de rasoir

Je vous assure que je n’étais pas punk à cet âge !

Voyez, pas une seule de ses dents ne manque (on ne peut pas en dire autant de mes cheveux) !

* * *

À mes quelques lecteurs, je profite de ce billet pour leur souhaiter une excellente année 2009 !

Chemin des dames, chemin de croix

18 voix d’écart. Soit 0,013 % des suffrages exprimés.

C’est, à l’heure où je vous parle, ce qui sépare les deux candidates en lice pour le poste de Première Secrétaire du PS. Pour ceux que ça intéresse, j’ai récupéré le tableau PDF diffusé sur le site du Parti Socialiste et je l’ai transformé au format Excel, en repositionnant les formules et en corrigeant le résultat de la fédération de la Moselle qui a annoncé une erreur de 12 voix comptabilisées à tort en faveur de Martine Aubry, ce qui réduit donc encore un peu plus l’écart de 42 voix, déjà ridicule, annoncé ce matin.

Télécharger le fichier « election-ps-premiere-secretaire-2008.xls »

Le camp de Ségolène Royal crie au scandale, au trucage, réclame des nouvelles élections.
Pour eux, c’est effectivement la douche froide, tant ils étaient convaincus de la dynamique de victoire. Je discutais, au moment du vote, avec un camarade de ma section, je lui disais que ça serait sans doute serré (je ne m’attendais pas à un score si incertain). J’espérais la victoire de Martine Aubry mais n’avais aucune certitude. Lui était certain que Ségolène Royal arriverait largement en tête. Il est vrai qu’à chaque fois, le report des voix ne se faisait pas en suivant l’arithmétique des résultats. Le soutien raté de Bertrand Delanoë, au lendemain du congrès et non le jour-même, en son nom et pas au nom de sa motion, tout ça n’aura pas convaincu une large partie des électeurs de la motion A. J’attribue le report important des voix de la motion A vers la Ségolène Royal à ces trois facteurs :

  • Martine Aubry n’incarne pas le renouvellement aux yeux du plus grand nombre (et compte tenu du nombre d’éléphants PS qui la soutienne, c’est compréhensible – même si, j’en suis convaincu, elle l’incarnera, de gré ou de force !)
  • Martine Aubry s’est positionné sur une ligne politique plus « à gauche » que celle de la motion E. Ceci au moins pour pouvoir se rallier Benoît Hamon à qui, de toute façon, tout le monde fait de l’œil au PS !
  • Dans la motion de Martine Aubry, depuis sa contribution, il y a Laurent Fabius (très discret pendant toute cette campagne, d’ailleurs !), que beaucoup de militants ne peuvent pas blairer depuis sa prise de position sur le référendum européen qui a déchiré le parti. Personnellement, j’ai toujours pensé que cette position de Fabius était une position tactique et je lui en veux pour ça. Pour autant, je l’admire aussi pour son intelligence et ses talents réthoriques. Je me souviens de cette belle phrase qu’il avait sorti pendant la campagne de la présidentielle 2007 : « Le service public, c’est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. » Classe, Laurent, classe !
    (Notons que ce troisième point est connexe du second.)

Je me doutais aussi que le report des voix de Benoît Hamon vers Aubry serait loin d’être mathématique. Deux raisons, au moins :

  • Toujours ce déficit d’image d’Aubry en matière de renouvellement.
  • Martine Aubry n’est sans doute pas jugée assez à gauche par la frange mélenchoniste (je dis ça pour simplifier) du parti qui ne sera pas allé voter au second tour.

J’ai entendu Manuel Valls, sur une vidéo postée par mon camarade Alexis Bachelay, parler d’obstruction contre cette pauvre Ségolène Royal. C’est quand même assez fandard d’entendre ça, quand on voit le matraquage pro-Ségolène auquel on a droit un peu partout notamment dans les médias (elle était encore ce soir au 20 heures sur TF1). J’ai fait l’exercice de regarder les couvertures du journal Libération (un journal de gauche, en principe, donc probablement beaucoup lu par les socialistes). Ségolène Royal figure trois fois en pleine page et quatre fois en vignette. Martine Aubry, euh… attendez je la cherche, euh… ah ben non. Zéro fois.

Il paraît que Ségolène Royal est l’ennemie préféré de Nicolas Sarkozy (et dois-je préciser que contre ce candidat qui incarnait déjà bien avant sa candidature une droite dure – il me semble que jamais on avait eu un candidat susciter autant de répulsion – elle n’a fait que 46 %), et la mainmise de Sarkozy sur les médias a été souvent dénoncée.
Bon, je n’insisterai pas sur ce point, je ne voudrais pas tenir des propos trop politiciens.

Mais pour moi, l’obstruction ne se ressent pas dans le camp qui la dénonce.
Quand j’entends le camp Royal qui réclame de nouvelles élections, je pense qu’il espère surtout pouvoir profiter de ce délai supplémentaire pour faire encore un peu plus de tapage, un peu plus de propagande, un peu plus de promesses démagogues « on va rembourser les pauvres adhérents en retard sur leurs cotisations pour qu’ils puissent voter (sous-entendu : pour moi) », « on va déménager le PS de Solférino vers un quartier plus populaire » (mon QG à Raspail financé par Hermé, je le garde ?) et j’en passe ad nauseum.

Quand j’entends le camp Royal qui crie à la triche, je me demande : est-ce vraiment ce qu’on veut ? Mettre au grand jour toutes les petites magouilles du PS ? Expliquer au grand public comment un camp noyaute et verrouille une fédération ? Est-ce bien comme ça qu’on aide à reconstruire l’image du parti déjà salement écornée ?!
Dans les 16 fédérations (cf. tableau Excel) où une des deux finalistes fait plus de 70 % (j’ai fixé arbitrairement ce seuil comme étant celui au delà duquel la liberté de conscience ne me semblait pas très démocratiquement exprimée), 9 favorisent Royal contre 7 pour Aubry. (NB : Les 3 fédérations suivantes sont aussi royalistes.) 15106 voix pour Royal et 13325 pour Aubry.

Allez ! Organisons un nouveau vote et magouillons tous encore un bon coup pour être bien sûr, cette fois, d’élire le meilleur tricheur du parti le plus ridicule de France !

* * *

Un truc qu’il faudrait qu’on explique au bleu-bite que je suis, c’est avec quelle majorité la Première Secrétaire qui finira par être désignée officiellement (mardi, en principe) élue, attendu que le « parlement du PS » a déjà été élu le 6 novembre dernier en proportion du vote des motions (si l’on s’en tient aux « soutiens » exprimés des leaders des motions A, B, C et F, Martine Aubry qui aurait 25(A)+19(C)+24(D)+1(F) = 70 % des membres derrière elle, contre 1(B)+29(E)=30 % pour Ségolène Royal). Autrement dit, si Aubry est confirmée en tête (selon les résultats de l’élection qu’on considèrera comme démocratique au même titre que les précédentes, par pitié !), ça colle. Mais si c’est Ségolène Royal ???

Jouons aux Dames (et pas aux échecs !)

jeu de dames

jeu de dames

Duel féminin ce soir pour la tête du Parti Socialiste.

Hier soir, couché après minuit mais sans les résultats autres que locaux, je me retournais dans mon lit. Je vois le radio-réveil indiquer 00:59 et j’allume la radio. Au journal de 01:00, la journaliste de France Inter annonce que Ségolène Royal se dirige vers la victoire avec 45 % des voix…

Ma première réaction, c’est de me dire que, décidément, les médias donnent vraiment une information partielle, partiale, déformée, simplifiée, enfin bref… Je râle, quoi. Ce matin, au journal de 08:00 (le plus écouté de France, comme l’annonçait avec fierté l’équipe – et en tant qu’auditeur, j’avoue que j’apprécie la tranche 7-10 de la station), l’annonce est plus nuancée. Si l’on prend sa calculette et si l’on additionne les voix de Martine Aubry à celles de Benoît Hamon, ce devrait être Martine Aubry qui sera élue ce soir.

Évidemment, c’est moins simple que ça, la dynamique des reports n’étant jamais parfaitement prédictible (l’exemple en est donné avec les voix de la motion A qui ne se sont pas portées sur Martine Aubry sans quoi elle serait arrivée en tête et peut-être même avec une majorité absolue), l’issue du scrutin de ce soir n’est sûrement pas pliée.

J’ai essayé de trouver le score de Ségolène Royal dans les Bouches du Rhône : mais aucune information ne se trouve sur le site du PS. C’est par voix de presse qu’on en trouve. Apparemment, 69 % sur ce scrutin contre 73 % au vote du 6 novembre. J’avoue que les mécaniques d’appareil qui permettent d’avoir ce genre de score m’échappent un peu, et comme le faisait remarquer Philippe Sarre lors d’une récente réunion, à Colombes, le pluralisme s’exprime en toute liberté, et je suis fier et heureux de cet esprit d’équipe local qu’on voudrait retrouver aux niveaux fédéral et national. Ne soyons toutefois pas naïf, dès lors qu’il y a des enjeux de pouvoir – eh oui ! la politique, c’est ça ! – des rivalités surgissent, des ambitions s’affrontent, des tensions s’exacerbent. Ensuite, à chacun en son âme et conscience de choisir comment mener ces combats. À Colombes, au PS, chacun est loyal (on ne peut pas en dire autant de l’UMP). Je ne crois pas qu’au PS, nous soyons irréprochables plus qu’ailleurs, néanmoins, un certain nombre de règles (dont l’interdiction du vote par procuration) limite les errements.

J’en profite pour dire que le PS est souvent moqué dans les médias ou par ses opposants à l’occasion de ces élections (on avait eu droit au même son de cloche à l’époque de la désignation de notre candidat pour les élections présidentielles de 2007). N’empêche que ce que prouve ce coup de projecteur sur nos fonctionnements mais qui n’est pas assez dit, c’est la vraie démocratie interne qui règne au Parti Socialiste. L’UMP, sur ce sujet, pourrait en prendre de la graine.

J’espère que le choix des militants, ce soir, sera celui qui favorisera, selon moi, bien plus sûrement l’unité du PS. Nous avons devant nous la proche bataille des Européennes, et pour 2012 l’enjeu fort de mettre un terme à cette politique de casse des services publics (justice, prud’hommes, école, …) et d’injustice (sociale, fiscale, …). Les dégâts déjà causés seront, hélas, des dégâts assez durables.

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